Le retour annoncé de Ferrero
Chef de file du tennis espagnol depuis les années 2000, Juan Carlos Ferrero a connu ensuite un long passage à vide en raison d'une varicelle tenace en 2004. Depuis, il retrouve peu à peu son niveau de jeu, et malgré son élimination jeudi en huitièmes de finale du Masters Series de Paris, "El Mosquito" poursuit son retour vers les sommets.
Rome, 13 mai 2001. Un gamin de 21 ans, découvert par le grand public une année plus tôt en demi-finale de Roland Garros, connaît sa première consécration : un titre Masters Series. Adoré des aficionados espagnols, Juan Carlos Ferrero tutoie alors les sommets du circuit professionnel et répond présent lors des grands rendez-vous. Finaliste à Roland Garros en 2002, ce spécialiste de la terre battue prend sa revanche 12 mois plus tard en s'adjugeant la Coupe des Mousquetaires face à Martin Verkerk. La machine est lancée et Ferrero prend le commandement du circuit ATP quelques semaines plus tard, le 8 septembre plus précisement, au lendemain de sa finale perdue face à Andy Roddick à l'US Open. Mais "El Mosquito" (le moustique, ndlr) a beau être un prodige, il n'en reste pas moins un homme et 2004 marque un tournant dans sa carrière. En mars, une varicelle l'empêche de prendre part aux tournois pendant un mois. Il tente tout de même de revenir et participe à la Coupe Davis mais décide de se retirer quelques semaines à nouveau après son élimination au premier tour de Monte-Carlo pour reprendre des forces. Mais les galères le poursuivent. Une blessure au poignet droit et une mauvaise chute à l'entraînement finissent de lui "zapper" le moral.
Dépassé par Nadal
Affaibli moralement et physiquement, Juan Carlos Ferrero n'est plus le N°1 espagnol. Il tente pourtant de revenir pour défendre son titre Porte d'Autueil mais se fait sortir au deuxième tour par le Russe Igor Andreev. « Difficile de défendre un titre quand on n'est pas à 100 % physiquement » déclare t-il après sa défaite. "Comme à Monte-Carlo, j'aurais mieux fait de m'abstenir" rajoutera t-il plus tard. Face à ses difficultés, Ferrero n'a plus qu'une chose à faire : attendre. Attendre des jours meilleurs, attendre qu'on lui fasse à nouveau confiance aussi. En décembre, il est retenu en équipe nationale pour affronter les Etats-Unis à Séville. Mais point de simples pour lui, puisqu'ils sont réservés à Carlos Moya et le jeune Rafael Nadal. Nadal justement, le nouveau chouchou des espagnols mais surtout des médias. Etre le plus jeune joueur à remporter une finale de Coupe Davis, cela attire forcément plus l'attention qu'un joueur qui manque de repères...
2005 : un nouveau départ
Nouvelle année, nouvelle saison. Début 2005, Ferrero pointe à la 31e place du classement ATP, loin de ses performances qui l'avaient mené sur la plus haute marche. Le retour est difficile mais se concrétise lors du tournoi de Monte-Carlo. Battu en demi-finale par Guillermo Coria, il atteint la semaine suivante la finale du tournoi de Barcelone où son cadet Rafael Nadal, impérieux depuis le début de la saison, ne lui laisse aucune chance. Mais au-delà de la défaite, Ferrero prouve qu'il revient peu à peu à son meilleur niveau. En témoigne sa sélection pour affronter l'Italie en Coupe Davis, et sa place de finaliste à Vienne mi-octobre.
Cette semaine, le tournoi de Bercy était sa dernière chance de briller lors de cette saison de transition. Exempté de premier tour en raison de son statut de tête de série, et victorieux du Suisse Wawrinka, la révélation de 2005, au deuxième tour, Ferrero s'est battu pour une place en quarts de finale, mais son adversaire, le Tchèque Berdych s'est montré plus résistant. Battu mais pas vaincu, le sportif espagnol de l'année 2003 devrait donc retrouver la lumière dès l'année prochaine.
Photo: Elle a été prise au masters series de Paris Bercy lors d'une séance d'autographe je crois..
